Par Cristina Ortega & Michel Dermigny
Arts de la Chine et du Japon
Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo
Encre et pigments sur papier
Dimensions de la peinture : 125 × 52 cm
Dimensions totales du rouleau : 193 × 65,5 cm
Tomobako avec commentaire de collectionneur.
Cette peinture japonaise montée en rouleau, réalisée à l’époque Edo, représente une femme en kimono saisie en plein vol, juste après avoir sauté du célèbre balcon du temple Kiyomizu-dera à Kyoto. Jambes repliées, elle tient une ombrelle retournée — symbole de protection devenue inutile. Les yeux bandés, elle se livre au vide avec une expression de calme résignation. Son kimono largement ouvert dévoile son corps, partiellement dissimulé par son pied dans un ultime geste de pudeur. La composition est d’une grande finesse, mêlant érotisme discret, tension dramatique et poésie silencieuse.
Ce sujet rare illustre le proverbe japonais Kiyomizu no butai kara tobioriru – « sauter de la scène du Kiyomizu », ...
... expression toujours vivante signifiant « faire un saut de foi », « prendre un risque décisif ». Inspirée d’une ancienne coutume populaire de l’époque Edo, cette croyance voulait que sauter du balcon du temple Kiyomizu puisse exaucer un vœu si l’on survivait à la chute. Plus de 200 personnes ont réellement sauté, avec un taux de survie important grace à la végétation de l’ époque jusqu’à l’interdiction formelle de la pratique au XIXe siècle.
Très peu d’œuvres reprennent ce thème. Une estampe célèbre de Suzuki Harunobu, vers 1765, montre une femme en plein saut, ombrelle à la main, mais elle n’est pas dénudée et ne porte pas de bandeau. Le côté osé explique qu’elle ne soit pas signée.
Cette peinture va plus loin. Par le retournement de l’ombrelle, l’aveuglement volontaire et la tension entre dévoilement et pudeur, elle offre une lecture philosophique : celle de l’absurdité d’un don sincère qui ne rencontre rien. Elle incarne le concept de mitate — procédé central de l’esthétique japonaise consistant à réinterpréter un thème classique pour en révéler une vérité plus intime, souvent mélancolique.
Cette œuvre rare de l’époque Edo, interroge de façon poétique et esthétique sur la solitude du désir, la vulnérabilité du geste offert, et le regard du monde qui, souvent, ne saisit que la nudité et non le sens du saut. Une pièce exceptionnelle pour les collectionneurs d’art japonais ou les amateurs de peinture érotique.
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